Publié le par Sophie Desgagne

C’est arrivé comme ça, un matin, en me levant, il m’est venu une envie folle de tout désencombrer. Un genre de rage de ménage de printemps en plein mois d’octobre. Et depuis, telle une tornade qui fouille tout sur son passage, j’enlève le superflu. Dehors le je l’avais oublié, le on en a deux de même, le quécéça, le on a plus l’autre partie. Vous comprenez le principe. Ensuite, je donne ce qui est encore bon, je jette ce qui ne l’est plus. Un an seulement dans cette maison et déjà on accumulait sans s’en apercevoir. Et je ne veux pas dire que ça traîne. Tout est bien placé dans un bac, dans un tiroir, dans une armoire, mais si c’est seulement pour rester au même endroit sans bouger, pourquoi le garder. Pourquoi?

En général, je suis du genre à garder. Garder pour l’utiliser pour un projet. Garder parce que je l’ai reçu en cadeau. Garder parce que ça n’a pas de bon sens de se débarrasser de ça. Bref, pour toutes des super bonnes raisons (faux!). De là mon étonnement en me voyant faire sortir tous ces objets de la maison sans arrière-pensée, sans aucun remords. Une nouvelle moi était née! Une moi qui ne veut plus s’entourer de matériel, qui veut être plus zen. Qui désire s’entourer de blanc, de calme, d’épuré, ômmmmm…

En ce début d’année, je fais donc l’annonce officielle que mon motto pour 2016 sera Less is more. Mes actions et mes achats seront imprégnés de cette idée, de ce désir de simplifier notre vie (et le ménage aussi!). Moins de bouffe, mais de meilleure qualité (merci Seigneur pour les dattes fraîches!!!). On varie, on essaie de nouveaux aliments, on découvre que même nos petits apprécient des choses auxquelles on n’aurait jamais pensé (les pupusas de Zozo!).

Moins, beaucoup, beaucoup moins de vêtements, des couleurs plus sobres. J’ai enfin enlevé mes vêtements pré-accouchements multicolores (je ne parle même pas de mes vêtements de maternité), ceux que je mettais au secondaire et que je j’aimais donc bien. J’ai fait cela en plusieurs étapes. Avant, mes tiroirs débordaient, mais je portais toujours les mêmes trois, quatre vêtements. Je n’ai donc gardé que ces morceaux. Aujourd’hui j’en suis fière, il n’y a rien qui me manque. J’ai désormais soixante-quatre cintres qui sont SDF, qui errent dans la maison. Ils représentent mes trophées, je me sens libérée (libéréééée, délivrééééée… ).

 

Mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas toute nue dans la rue! Un sac de vêtements donné par d’autres filles de la famille est apparu chez moi peu de temps après, comme ça. Wow! Avec mon nouveau corps de maman, mon « pas de style » parce que je m’étais « un peu » désintéressée de la mode ces dernières années (lire ici que lorsqu’on a une seconde et quart pour s’habiller, la mode est secondaire), c’est avec grand plaisir que j’ai « magasiné » dans ce sac de vêtements à ma taille (yess!). Mais en gardant ma motivation en tête, chaque fois que j’ajoute un morceau dans ma garde-robe, j’en enlève également un.

J’ai aussi désencombré mon armoire de produits de beauté. Exit les pitis pots de crème dans lesquels il ne reste qu’un fond. Pour le maquillage, comme le mascara, on ne doit pas le changer aux trois mois? Est-ce qu’un mois de mascara équivaut à un an humain? Hum, bon, alors oui, j’ai tout jeté aussi. J’ai gardé seulement le minimum pour me maquiller très simplement. De toute façon, je ne me maquille intense que très rarement, alors pourquoi avoir toutes les couleurs de fard à paupières du monde entier. Less is more.

Après avoir eu plusieurs bogues, nous avons aussi enlevé le cable. Au début c’était plus pour faire « payer » la compagnie de télédistribution en lui enlevant le privilège de nous avoir comme clients (une goutte d’eau dans l’océan, je sais). Mais finalement on a adoré. On a encore la télévision sur Internet si on veut l’écouter, à l’heure qu’on veut, mais elle ne reste plus allumée sur n’importe quoi (vraiment… n’importe quoi). Et c’est une véritable délivrance de ne plus avoir à supporter les annonces.

Dans l’optique d’avoir plus de temps en famille, nous revoyons aussi nos horaires, notre travail. Puis, tant que nous pouvons garder ce que nous avons, on ne change pas pour rien. Nous avons une mini voiture que nous ne changerons pas, même avec deux enfants. Les bancs entrent, elle est encore en très bon état. Super.

Il n’y a qu’un accroc, une partie de moi qui ne peut se mettre sur le mode tornade. Les jouets des enfants. À travers mon blogue, vous verrez que c’est un peu mon dada, la partie qui dépasse de la couverture de la simplicité. En effet, je capote autant qu’eux quand vient le temps de choisir les prochains jouets. La salle de jeu en est pleine (pas comme de l’amassement compulsif non plus, on s’entend) et je ne peux me résoudre à me défaire d’aucun. Chacun apporte un apprentissage quelconque, chacun a été choisi minutieusement. La prof en moi adore choisir ce qui les aidera à stimuler toutes les sphères de leur développement. Mais ils sont tous bien classés et rangés!

Alors maintenant, je respire. Chaque fois que j’ouvre un tiroir, une armoire ou une porte, je me demande ce qui peut être enlevé. Reduce, reuse, recycle. Parce que j’ai aussi découvert des objets qui étaient oubliés et qui me sont très utiles aujourd’hui. Lentement mais sûrement, je fais du chemin.

Je termine avec un défi Less is more réalisable dès maintenant, pour se pratiquer: enlever son portefeuille. Ne placer que le contenu important dans les pochettes intérieures de notre sacoche (parce que nous n’avons plus qu’une sacoche dans le monde épuré qu’on se crée). Les sous, les cartes de crédit et débit, le permis de conduire, les quelques cartes indispensables (genre CAA pour les nombreuses fois où je laisse mes clés en sécurité dans la voiture barrée ?!). C’est tout, c’est léger. J’ai fait deux paquets de cartes attachés par de simples pinces noires et vraiment, c’est génial. Faites le test!!