Publié le par Sophie Desgagne

Bonjour parents à batteries,

Aujourd’hui, je parle de culpabilité. Il y a la culpabilité dans le sens « je vais me sentir mal si je mange ce dernier morceau de gâteau, mais maintenant, présentement, là-là, je le veux!! ». Ce genre de sentiment est seulement néfaste pour la ligne, il ne constitue pas un réel problème en soi (quoi que… ben non, je vais courir plus longtemps ce soir, pff!!). On tente de convaincre notre esprit qu’on prend la meilleure décision qui soit (il va sécher sinon, jeter de la bouffe, ça ne se fait pas, juste le petit morceau en bordure, pour refaire un carré!).

Le sentiment de culpabilité dont je vous parle aujourd’hui est moins délicieux, plus plate. Il est apparu chez moi il y a de cela quelques jours. Je vous explique: ma plus grande va a la garderie depuis longtemps et mon plus petit dodu vient tout juste de commencer. Va porter Zoé, va pour une première fois porter Arthur à sa nouvelle garderie (ok, j’ai un ti peu pleuré) et je me retrouve en voiture, sans musique parce que de toute façon tout le monde parlait et on entendait rien. Personne, juste moi. Et moi, je ne travaille pas aujourd’hui (j’ai d’autres projets, je vous en parle bientôt, hihi!). CULPABILITÉ. Ben là, si je ne travaille pas, pourquoi je ne reste pas avec mes enfants? C’est ce qu’on veut, passer du temps avec nos petits, non? Alors pourquoi je les envoie à la garderie aujourd’hui? Je devrais toujours vouloir rester avec mes enfants, je les aime non? Suis-je une bonne mère (hein, vous l’attendiez celle-là!!)?

Ça n’en prend pas plus. C’est parti, le hamster à batteries dans ma tête roule. Je sais très bien que tout le monde va bien, que ça ne change rien à personne ce que je suis en train de faire ou de ne pas faire. Mes enfants ne seront pas mieux à leur garderie si je suis en train de travailler avec acharnement. Mais je me sens coupable de ne rien faire (lire ici: ménage, lavage, blogue, courses, etc.), d’être seule avec moi-même. Ces pensées apparaissent, mais en même temps je sais très bien qu’il est bon pour moi d’être seule, de me reposer, de me retrouver. On dirait que l’image de la mère parfaite est profondément imprégnée. Celle de la mère parfaite ou au contraire, celle de la mère qui ne prend pas soin de ses enfants, qui les néglige. Celle à qui on ne veut dont bien pas ressembler.

C’est niaiseux, je le sais. Ça prend de l’énergie de penser à tout cela. Je le sais et en même temps j’y pense quand même. Est-ce que c’est parce que ma fin de congé de maternité est encore trop nouvelle? Peut-être. Est-ce que je vais m’y habituer? Sûrement. Mais pour l’instant, c’est mon sentiment. Et vous, vous sentez-vous coupable des fois?